« Pensez à l’environnement, passez au numérique ! » Ce message, diffusé à grande échelle par des entreprises et des administrations, a fini par s’imposer comme une évidence. Mais est-il fondé ? Pour les élus municipaux qui s’interrogent sur la pertinence d’imprimer leur bulletin, voici sept idées reçues sur le papier et le numérique et les récentes données scientifiques à l’appui. Parce que décider en connaissance de cause, c’est aussi une responsabilité d’élu.
Dans cet article :
Idée reçue n°1 — Le papier est une source de gaspillage
Idée reçue n°2 — Le numérique est plus écologique que le papier
Idée reçue n°3 — Les habitants préfèrent recevoir l’information en ligne
Idée reçue n°4 — Le papier est mauvais pour l’environnement
Idée reçue n°5 — La production de papier est très émettrice de CO₂
Idée reçue n°6 — La production de papier est très consommatrice d’eau
Idée reçue n°7 — Les forêts disparaissent à cause du papier
Le papier au banc des accusés… souvent à tort
Chaque année, des milliers d’élus municipaux s’interrogent : est-ce raisonnable, en 2026, de continuer à imprimer un bulletin municipal ? Face aux injonctions au « tout numérique » et aux messages culpabilisants sur l’environnement, la question mérite une réponse honnête, documentée et sans raccourcis.
C’est exactement ce que fait depuis des années l’organisation Two Sides, présente dans 14 pays, engagée dans la promotion d’une communication responsable et transparente sur le papier et l’imprimé. Ses travaux s’appuient sur des études indépendantes, des données institutionnelles et des analyses scientifiques reconnues, de l’ADEME à la FAO, en passant par l’Agence européenne pour l’environnement et le Défenseur des droits.
Voici ce que ces données nous apprennent vraiment.
Idée reçue n°1 >>> "Le papier est une source de gaspillage"
C’est l’un des reproches les plus fréquemment adressés au papier et l’un des plus injustes. Car le papier est en réalité l’un des matériaux les plus vertueux sur le plan de l’économie circulaire.
Son cycle de vie est exemplaire : issu du bois, une ressource naturelle renouvelable, il est facilement collecté, recyclé, et ses fibres peuvent être réutilisées plusieurs fois. En France, le taux de recyclage du papier graphique s’est élevé à plus de 76 % en 2023, et celui des emballages en papier carton à 85,6 % , soit le taux le plus élevé de tous les matériaux d’emballage, devant le verre (78 %) et les métaux (60 %).
À l’échelle européenne, en 2024, 52 millions de tonnes de papiers et d’emballages ont été collectées et recyclées, soit un taux de recyclage de 75 %. Les fibres de papier y sont réutilisées en moyenne 3,5 fois. L’industrie papetière valorise également les coupes d’éclaircies et résidus de scieries, des ressources qui auraient autrement été perdues.

Idée reçue n°2 >>> "Le numérique est plus écologique que le papier"
C’est sans doute le mythe le plus utilisé pour culpabiliser les communes qui impriment et l’un des plus mal étayés scientifiquement.
Le numérique n’a rien de « dématérialisé ». La production d’un smartphone de 120 grammes nécessite en moyenne 70 kg de matières premières et plus de 70 matériaux différents, dont des métaux rares. La production de déchets électroniques s’est élevée à 62 millions de tonnes dans le monde en 2022, en hausse de 82 % depuis 2010, augmentant cinq fois plus vite que les quantités recyclées. Sans action, l’empreinte carbone du numérique pourrait tripler entre 2020 et 2050.
Une étude de 2019 a comparé des campagnes d’imprimés publicitaires à des campagnes digitales équivalentes : les imprimés se révèlent plus vertueux sur 15 indicateurs environnementaux sur 16. Une étude La Poste (2020) confirme qu’une facture papier présente un bilan plus favorable pour 9 indicateurs sur 16, dont le changement climatique.
La campagne anti-greenwashing de Two Sides a permis que les allégations environnementales infondées de plus de 1 000 organisations soient modifiées ou retirées depuis 2010. En France, 4 cas ont été épinglés par le Jury de déontologie publicitaire entre 2022 et 2025.

Idée reçue n°3 >>> "Les habitants préfèrent recevoir l'information municipale en ligne"
Beaucoup d’élus supposent que leurs administrés préfèrent le numérique et décident de réduire ou supprimer leur bulletin papier. Les études montrent que cette hypothèse est largement infondée.
Selon une enquête menée auprès de 1 000 consommateurs français en 2025 : 53 % trouvent le papier plus pratique pour conserver les informations, 78 % estiment avoir le droit de choisir leur mode de réception, et 64 % pensent que lorsqu’une organisation invoque l’écologie pour passer au numérique, elle cherche avant tout à faire des économies.
Les habitants ne sont pas dupes. Invoquer l’environnement pour supprimer le bulletin municipal risque d’être perçu, à juste titre, comme un prétexte économique.
Au-delà de la préférence, il y a une question d’équité. Le Défenseur des droits a alerté dès 2019 sur les inégalités de la fracture numérique. Seniors, personnes en situation de handicap, habitants des zones rurales mal couvertes : le bulletin municipal papier est parfois le seul lien concret entre la mairie et ces administrés. Le supprimer au nom du numérique, c’est risquer de les exclure de la vie locale.

Idée reçue n°4 >>> "Le papier est mauvais pour l'environnement"
Cette affirmation, martelée depuis des années, souffre d’un décalage flagrant avec les données disponibles. Le papier est un matériau issu d’une ressource renouvelable, produit avec de l’énergie majoritairement renouvelable, et dont la filière de recyclage est l’une des plus efficaces au monde.
L’industrie du papier s’appuie sur les certifications FSC et PEFC, qui garantissent une gestion forestière rigoureuse avec replantation systématique. En Europe, les fibres de papier ont été réutilisées en moyenne 3,5 fois en 2022. En 2024, près de 59 % des matières premières fibreuses utilisées dans l’industrie papetière européenne proviennent de papier collecté pour être recyclé.
Pourtant, seuls 17 % des consommateurs français savent que le papier et les emballages en papier carton ont en réalité un taux de recyclage très élevé. Ce chiffre illustre l’ampleur du travail de pédagogie qui reste à faire et l’importance d’articles comme celui-ci.
Idée reçue n°5 >>> "La production de papier est très émettrice de CO₂"
C’est peut-être la surprise la plus frappante. Le secteur de la pâte et du papier représente seulement 0,9 % des émissions européennes de GES en 2021, contre 4,8 % pour l’industrie des métaux de base et 5,6 % pour les produits minéraux non métalliques.
L’industrie européenne de la pâte et du papier est le plus grand producteur et utilisateur d’énergie renouvelable en Europe : 65,5 % de l’énergie thermique utilisée provient de sources renouvelables, principalement la biomasse. En France, la part d’énergie décarbonée est passée de 49 % à 61 % entre 2005 et 2024.
Et la trajectoire est clairement à la baisse : les émissions de GES par tonne produite ont diminué de 43 % entre 2000 et 2024. Une performance que peu de secteurs industriels peuvent revendiquer.

"Idée reçue n°6 >>> "La production de papier consomme énormément d'eau"
Il est vrai que l’eau intervient à plusieurs stades de la production de papier. Mais la réalité de la consommation effective est bien différente de l’idée reçue.
Depuis les années 1990, le prélèvement moyen d’eau par tonne de papier a diminué de 42 %. En 2021, environ 90 % de l’eau utilisée dans l’industrie papetière européenne est restituée à l’environnement après traitement. L’eau n’est donc pas « consommée » au sens commun du terme. Elle est utilisée, traitée, puis rendue.
Les progrès sur la qualité des eaux rejetées sont remarquables. Depuis 1991, réduction de 95 % des niveaux d’AOX (toxicité des composés chlorés) et de 79 % de la DCO (demande chimique en oxygène).
Par ailleurs, les bassins versants forestiers fournissent environ 75 % de l’eau douce accessible dans le monde et approvisionnent en eau 85 % des plus grandes villes. Soutenir une filière papetière qui gère durablement ses forêts, c’est aussi contribuer à la préservation des ressources en eau.
"Idée reçue n°7 >>> "Les forêts disparaissent à cause du papier"
C’est l’idée reçue la plus tenace… et la plus fausse, en ce qui concerne l’Europe.
Entre 2005 et 2020, les forêts européennes se sont étendues de 58 390 km², soit une superficie plus grande que la Suisse, l’équivalent de plus de 1 500 terrains de football gagnés chaque jour. Et pourtant, 51 % de la population française est convaincue que la surface des forêts européennes diminue. Le fossé entre perception et réalité est vertigineux.
La déforestation est un problème réel dans le monde, mais ses causes sont ailleurs : élevage de bétail et soja en Amérique latine, plantations de palmiers à huile en Asie du Sud-Est. Le papier européen n’en est pas responsable.
Plus de 90 % du bois utilisé par l’industrie papetière européenne provient d’Europe, et 73 % du bois et jusqu’à 90 % de la pâte à papier marchande proviennent de sources certifiées en gestion forestière durable.

Imprimer votre bulletin municipal : un choix responsable et assumé
Ces sept données ne sont pas des opinions, ce sont des faits, établis par des organismes scientifiques et institutionnels indépendants : l’ADEME, la FAO, l’Agence européenne pour l’environnement, le CEPI, le Défenseur des droits. Ils méritent d’être connus, diffusés, et pris en compte dans vos décisions de communication locale.
Imprimer votre bulletin municipal n’est pas un geste contradictoire avec une politique municipale responsable. C’est un choix de bon sens, à condition de le faire avec les bons partenaires.
Les bonnes pratiques à retenir :
Le label Imprim’Vert garantit une gestion rigoureuse des déchets, des consommations d’eau et d’énergie, et l’élimination des produits nocifs pour l’environnement. C’est l’engagement que BulletinsMunicipaux.fr porte depuis 2009.
Les certifications FSC et/ou PEFC sur le papier de votre bulletin garantissent que les fibres proviennent de forêts gérées durablement, avec replantation systématique.
Enfin, ne pas opposer papier et numérique. Les deux supports sont complémentaires : le bulletin papier touche tous les foyers sans exception, le site internet ou la newsletter complète l’information pour ceux qui le souhaitent.
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